Café-Débat : les personnes en situation de handicap ( février 2007)

Publié le par Denis

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Compte-rendu du Café-Débat du mois de février 2007 organisé par Vivre en Trièves, consacré à la personne en situation de handicap, physique ou mental.

 

Plus de 30 personnes étaient présentes à la Villa Claude Cayeux pour participer à ce Café-Débat. Au cours de cette soirée, la parole a été partagée par tous les participants : les personnes handicapés, leurs familles, les professionnels ou les autres participants...

En introduction, André Leenhardt nous a dit un texte écrit par Grand Corps Malade.

Puis, a suivi une présentation du lieu qui nous accueillait , la villa Cayeux, un lieu de reconstruction et d'élaboration d'un nouveau projet de vie, ainsi que de l'Ermitage Jean Reboul, dont la vocation est d'offrir un lieu de vacances pour des personnes fortement handicapées. A ce titre, leur évolution est significative de l'évolution de la société en matière de handicap, ainsi que du regard qu'elle porte sur les personnes elles-mêmes : auparavant, ces établissements n'étaient que des lieux d'accueil. Mais de plus en plus, ils offrent des activités ouvertes à la population locale ( ainsi, la Villa Cayeux accueille les séances de l'Ecran Vagabond du Trièves, les enfants de l'école du village pour la cantine...); ils proposent également à leurs résidents de participer à des animations sur tout le territoire. On a cité l'expérience du festival "Mens Alors ! qui a d'abord accueilli puis a proposé un spectacle de danse élaboré pour et avec des personnes handicapées (action qui sera reconduite cette année), mais aussi des fêtes de villages, des séances de cinéma en plein air. La présence des personnes handicapées est devenue naturelle dans les animations ...

On a évoqué les difficultés qui subsistent : l'éloignement, et l'isolement liés à nos lieux, les difficultés de la réinsertion, les problèmes qu'induit un handicap "invisible" ainsi que les difficultés rencontrées par les personnes qui souffrent d'un handicap psychique qui occasionne par exemple une peur exacerbée à l'égard du monde qui les entoure.

Des témoignages nous interpellent : comme celui qui nous demande comment vivre quand l'envie de vivre a disparu...., ou ceux qui nous disent qu'ils ont retrouvé dans ces lieux cette envie de vivre, grâce à des expériences qui aident à sortir du handicap comme cet atelier qui a conduit des résidents à écrire , mettre en scène et jouer une pièce de théâtre. De même, les organisateurs d'animations du Trièves ont pris l'habitude d'associer les professionnels de la Villa ou de l'Ermitage pour leur demander quels sont les besoins spécifiques à la participation de leurs résidents.

On souligne que le handicap est pluriel. Le handicap médiatisé est souvent le plus présentable, le plus acceptable. Qu'il est parfois plus difficile de le vivre en ville, où les améliorations sont certes importantes, mais où les obstacles de tous ordres restent parfois insurmontables. Outre l'accessibilité des lieux, c'est la gêne, voire parfois l'hostilité des personnes valides qui pose le plus grand problème aux personnes handicapées. En général les enfants acceptent plus facilement de s’enrichir des différences.

Le problème des déplacements est aussi rappelé : tel taxi ne peut pas transporter une personne et son fauteuil, les trains ne sont pas tous accessibles, et ils sont parfois remplacés par des cars, non équipés bien sûr. Quand au cas de l'élévateur de la gare de Clelles, il est exemplaire : acquis pour une somme importante par la SNCF avec l'aide de subventions, il ne peut être utilisé par le personnel de la gare faute de formation suffisante, ladite formation n'étant dispensée que pour les personnels travaillant dans des gares déjà labellisées "handicap" ! et la gare de Clelles ne l’est pas puisque ce « label » suppose une présence permanente de personnel SNCF ... (sans parler des personnes invitées à voyager au milieu des bagages...) Peu de logements sont accessibles aux personnes en fauteuil. Un participant relaie la demande de recherche de logement dans le Trièves d’un ami handicapé.

Mais il y a aussi des gestes solidaires et spontanés : tels ceux des "Marcheurs du Trièves" qui accompagnent volontiers des personnes en fauteuils sur les chemins, à l'aide des "Joëlettes", des fauteuils à porteur équipés d'une roue centrale dont l'acquisition permet de partager les plaisirs de la marche et pour chacun d'exercer ses capacités de communication et d'écoute... La prochaine sortie est prévue le 15 mai prochain. Il est à noter les efforts entrepris pour faire du Trièves un territoire propice au "tourisme adapté".

« Plutôt que d'envisager une personne au regard de sa déficience (et nous en avons tous), il faut croire au potentiel de chacun. » : voilà la conclusion d'une soirée conviviale dont on retiendra également la qualité des échanges entre personnes handicapées et autres participants.

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Publié dans Cafés Débats

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