Café-Débat : transports et paysages en Trièves (juin 2006)
Dans le cadre de la semaine du développement durable, Vivre en Trièves a animé deux débats sur cette thématique. Un le mercredi 31 mai à la ferme du Mont Inaccessible, un autre le dimanche 4 juin dans un champ près de la gare de Clelles.
Transports et paysages, à Clelles, le 04-06-06.
Première expérience de « champ-débat », avec une cinquantaine de participants, parmi les 80 spectateurs d’une originale animation artistique dans le train Grenoble-Veynes-Gap. Nous avons pu constater que le trafic sur la proche RN 75 ainsi que les rafales de vent ne facilitaient pas la conversation !
Quelques points forts de la discussion, dans une ambiance bucolique …
On est passé d’une volonté de quadrillage serré de l’espace au 19ème siècle (plan Freyssinet pour les trains) à un objectif de vitesse au 20ème. Autrefois, les traces des voies de communication étaient plus discrètes qu’aujourd’hui, même si les viaducs de la ligne de train ont dû choquer il y a un siècle.
Le paysage est le résultat des choix qui sont faits.
On est passé du fer à la route avec l’arrivée d’une énergie pas chère : le pétrole.
Un 38 tonnes use la route comme plus de 100 000 voitures. Sans même parler du coût des infrastructures et de leur entretien, se déplacer en train revient à 0,1 euro du km contre 0,3 pour la voiture !
L’avenir durable nous commande d’obtenir moins de transports et moins de gaspillage d’énergie : consommer davantage des produits locaux, covoiturer, redévelopper les transports collectifs, maintenir les services de proximité, développer le télétravail. Mais ces efforts ne doivent pas se faire au détriment des relations humaines.
Pourquoi tout ça ? Un lobbying acharné défend une politique de « toujours plus de transports et de consommation d’énergie ».
Pour que le transport en train soit viable économiquement, il faudrait que le rapport actuel de 1/10ème de transports collectifs sur le total des déplacements passe à 2/10ème. Mais comment obtenir une augmentation de l’offre, nécessaire pour s’adapter aux besoins ?
Les enjeux de pouvoir, d’information et d’implication des citoyens sont importants. Rappel : le comité de ligne SNCF Grenoble-Veynes-Gap est ouvert aux usagers.
Des moteurs à l’hydrogène (mais produire de l’hydrogène consomme beaucoup d’énergie) et électriques feraient beaucoup moins de bruit.
Nous préférons une éolienne à une cheminée d’usine pas que pour des critères d’esthétique, mais aussi pour des raisons psychologiques.
On constate qu’à Mens (par exemple) les locaux commerciaux ou bancaires sont beaucoup plus souvent ouverts que les lieux culturels.
La notion de vivre ensemble dans un pays est capitale.
La population qui arrive est beaucoup moins sédentaire qu’autrefois (travail, voyages, résidences secondaires).
Le rôle des paysans est essentiel pour la qualité des paysages.
On constate une tendance à l’uniformité des modes de vie, avec l’adoption d’un comportement « hors-sol », un mode industriel de comportement. On a voulu dominer la nature, elle nous le renvoie.
Le challenge est entre modernité et équilibre du territoire. Quel progrès ? Ne faut-il pas privilégier le progrès en termes de valeurs humaines ? Hélas, de nombreuses lois empêchent de vrais progrès (construction, alimentation …).
Nous avons le sentiment que la démocratie participative est fondamentale pour un avenir durable.