Café-Débat : la culture (novembre 2004)

Publié le par Denis

Compte-rendu du Café-Débat de novembre consacré à la culture

 

C'est André Leenhardt qui ouvre la soirée par le poème "Les baleines" de Paul Fort. Puis, parmi les 100 façons d'aborder le thème de la culture en Trièves, Matthieu Warin, directeur du centre socioculturel de Monestier-de-Clermont qui nous accueille ce soir, en guise d'introduction, nous propose de répondre à la question suivante: "Mais pourquoi ne va-t-on pas plus souvent assister à un spectacle vivant?"

Pourtant, tout le monde s'accorde pour dire que l'offre culturelle en Trièves est abondante (trop?) et de qualité. On rappelle que après la guerre, dans les années 50-60, l'offre existait, il y avait encore du cinéma... Puis on ceux qui s'en souviennent parlent d'un vide culturel dans les années 70-80. La relance se fait dans à la fin des années 80, avec l'impulsion de ceux qu'on appelle les "néo-ruraux".

Depuis l'offre est abondante et entraîne parfois une fragmentation des publics et l'épuisement des bénévoles. Récemment, il semble que les derniers arrivants ne sont pas demandeurs de spectacles sur place, en raison principalement de l'attraction de l'offre proposée sur Grenoble (surtout pour les cantons de Vif et Monestier).

Mais ce sont souvent les mêmes personnes qui remplissent les salles. On évoque la concurrence démesurée de la télévision. On se demande même si ce n'est pas l'abondance de l'offre qui retient le public ... de sortir! On se demande aussi si l'information est suffisante... On reproche à certains spectacles d'être trop difficiles ou que le thème ne plaît pas.

Il est donc important de trouver des nouveaux publics. Les écoles et les collèges du Trièves s'y efforcent en proposant aux enfants de les initier, à travers "l'école du spectateur".

Et Matthieu évoque alors le rôle primordial des "incitateurs culturels", des personnes, habitants du territoire, vous, nous, qui diffusons l'information, donnant l'envie de sortir, emmenant amis et voisins pour un coup de cœur culturel. C'est souvent la spontanéité et l'enthousiasme qui nous poussent à suivre celui qui nous emmène au spectacle!

Car le spectacle vivant en Trièves propose en plus la rencontre et l'échange entre les publics et avec des artistes. Il est donc primordial de prévoir un temps d'échange pendant lequel le public se retrouve, et de soigner particulièrement la qualité de l'accueil de ce public.

On retrouve les objectifs du S.A.T. (Syndicat d'Aménagement du Trièves) en matière de culture: favoriser l'œuvre culturelle pour susciter l'échange entre les habitants.

On invite aussi les associations à organiser à plusieurs des manifestations culturelles pour rassembler les publics potentiels. Les associations culturelles peuvent également se rapprocher des Comités des Fêtes pour relancer les fêtes de villages. Et l'exemple de Roissard souligne combien l'engagement des élus est important pour la réussite du projet culturel d'un village.

On se demande aussi si le spectacle doit être gratuit ou payant (car tout spectacle a un coût, qu'il soit payé par le spectateur ou par les impôts...). Et on propose une alternative originale: le spectateur paye son entrée... à la sortie, selon la satisfaction qu'il en a tiré et la valeur qu'il lui donne... Cette expérience est à tenter car tout le monde s'accorde pour dire qu'il est préférable de prendre des risques et d'accueillir un auditoire nombreux que de jouer dans une salle vide à cause d'un prix d'entrée trop élevé.

Enfin, on évoque tardivement les pratiques culturelles. L'offre existe (école de Musique de Monestier, danse, aquarelle, peinture, théâtre, cirque...).

Mais la spécificité de notre territoire oblige ses habitants à prendre eux-mêmes en charge la culture, et à s'investir dans le bénévolat, et les poussent ainsi à devenir des acteurs culturels à part entière, avec les contraintes mais aussi toutes les satisfactions que cela peut procurer.

Publicité

Publié dans Cafés Débats

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article